Publié le 04-11-2026

Trou de rat dans le jardin : le test du journal avant de reboucher (sinon ils entrent dans la cave)

Vous avez repéré un trou dans la pelouse ou près du potager, et une question vous trotte dans la tête : est-ce vraiment un rat ? Avant de boucher quoi que ce soit, il faut identifier l’animal, vérifier si le terrier est occupé, puis agir dans le bon ordre. Voici la marche à suivre, simple et sans panique.

Reconnaître un trou de rat et ne pas le confondre

Les signes qui ne trompent pas

Un trou de rat mesure en général 6 à 10 cm de diamètre, soit à peu près une balle de tennis. Ses bords sont lisses et tassés, car l’animal y passe très souvent. L’entrée reste dégagée, jamais masquée par l’herbe. Un terrier compte au moins deux entrées : l’une sert de sortie de secours. Cherchez aussi les coulées, ces passages lisses dans l’herbe, des crottes sombres en forme de fuseau (1 à 2 cm) et des empreintes à quatre doigts devant, cinq derrière.

Schéma en coupe d’un trou de rat dans le jardin : entrées, galeries, chambre de nidification et fondations Schéma en coupe d’un trou de rat dans le jardin : entrées, galeries, chambre de nidification et fondations

Le monticule de terre prête à confusion. Un terrier récent peut laisser un peu de terre fraîche autour de l’entrée, alors qu’un terrier ancien, tassé par les passages, n’en montre presque plus. L’absence de monticule ne suffit donc pas à écarter le rat.

Rat, taupe, mulot ou campagnol

AnimalSigne visibleDiamètre du trou
RatTrou ouvert, bords lisses, coulées, crottes6 à 10 cm
TaupeTaupinières de terre meuble, pas d’orifice béantEntrée souvent invisible
MulotPetit trou net, sans grand monticule2 à 4 cm
CampagnolPetits trous reliés par des sentiers dans l’herbe, racines grignotéesPetit, comparable au mulot

Le terrier est-il actif ? Le test du papier journal

C’est le geste à faire avant toute autre action. Le soir, froissez une boule de papier journal et glissez-la dans l’entrée. Contrôlez le lendemain matin. Le rat est surtout actif la nuit, ce qui explique pourquoi le papier bouge pendant ce laps de temps.

  1. Papier déplacé ou poussé : le terrier est actif.
  2. Papier intact après plusieurs jours : le terrier est probablement abandonné.
  3. Faites le test sur chaque trou repéré, car un terrier a au moins deux entrées.

Une règle de terrain aide à estimer l’ampleur : deux trous signalent un rat au minimum, et six trous en annoncent plusieurs, de 3 à 5 adultes selon certains dératiseurs. D’autres professionnels évoquent 8 à 12 individus pour une colonie active : retenez surtout que le nombre grimpe vite. Une femelle peut avoir de 5 à 12 petits, jusqu’à 6 fois par an. Une colonie grossit donc rapidement.

Pourquoi ils sont là et ce que vous risquez

Ce qui les attire chez vous

Un rat s’installe là où il trouve à manger, à boire et à se cacher. Composteur ouvert, poubelles mal fermées, poulailler, graines pour oiseaux, croquettes, tas de bois et broussailles : tout cela forme un garde-manger confortable. Une fuite ou une eau stagnante complète le tableau. La cause peut aussi venir de l’extérieur : jardin voisin négligent, élevage, cours d’eau, chantier. Un dialogue avec le voisin, voire un signalement en mairie, devient alors utile.

Des risques réels, sans dramatiser

Le principal risque sanitaire est la leptospirose, maladie bactérienne transmise par l’urine des rongeurs, directement ou par l’eau souillée. Portez des gants pour jardiner près du terrier. Si vous avez un doute après un contact, parlez-en à un médecin. Les rats peuvent aussi porter des puces, ce qui concerne vos animaux domestiques.

Côté structure, les galeries (jusqu’à 50 cm de profondeur, sur plusieurs mètres) peuvent provoquer des affaissements sous une terrasse et abîmer des câbles, avec des réparations à plusieurs centaines d’euros. Enfin, un terrier proche des fondations ouvre la voie vers la cave ou le vide sanitaire.

Le rat ressemble au balancier d’une horloge : il repasse toujours au même rythme, la nuit, par les mêmes trajets. Cette régularité vous aide. Posez le papier au même endroit à la même heure, repérez la coulée la plus lisse et vous saurez où agir, plutôt que de traiter tout le jardin au hasard.

Que faire, et surtout que ne pas faire

Les erreurs à éviter

Ne rebouchez jamais un terrier actif. Les rats creusent une nouvelle sortie, souvent du côté de la maison. L’inondation, la javel, le vinaigre ou l’eau bouillante échouent : le terrier est profond et le rat nage très bien, il retient même sa respiration plusieurs minutes. Les répulsifs (menthe, ail, huiles essentielles, ultrasons) ont une efficacité limitée, car les animaux s’habituent.

Piéger ou appeler un professionnel

Les pièges, placés dans des boîtes sécurisées sur les coulées, conviennent pour un rat isolé. Manipulez-les avec des gants et évacuez les cadavres dans un double sac fermé. La mort-aux-rats en vente libre est à proscrire : elle menace chiens, chats et faune sauvage, y compris les prédateurs qui mangent un rongeur empoisonné. Les rodenticides anticoagulants sont réservés aux professionnels, avec des postes d’appâtage verrouillés.

Pour une première intervention, comptez 150 à 350 € ; certains prestataires affichent des interventions dès 109 €. Appelez un professionnel si le test est positif sur plusieurs trous, si le terrier longe la maison ou si vous avez des enfants ou des animaux curieux.

Reboucher durablement et empêcher le retour

Rebouchez seulement une fois le terrier confirmé vide par le test du journal. Comblez le trou de terre et de gravier sur 20 à 30 cm avec un grillage métallique, ou utilisez du ciment à prise rapide, du sable et de la laine d’acier. Un rat peut passer par une ouverture d’environ 2 cm : ne laissez aucun jour. Un simple tas de terre ne tient pas.

Ensuite, coupez les vivres : fermez le composteur et les poubelles, ramassez graines et croquettes tous les soirs, sécurisez le poulailler, surélevez le bois et dégagez les broussailles. Réparez aussi les fuites et les points d’eau stagnante. Sans nourriture ni abri, la colonie n’a plus de raison de rester.

Surveillez le jardin chaque semaine pendant un mois : un nouveau trou signale que la colonie n’est pas partie.