Publié le 20-06-2026
#Elimimer les fourmis ailées et éviter une infestation
Chaque été, des milliers d’insectes s’élèvent simultanément dans les airs. Ce spectacle naturel impressionnant sème souvent la confusion. Cet article en éclaire les causes, la durée et les mesures à prendre.
D’où viennent soudainement les fourmis ailées ?
Le développement de toutes les fourmis suit un processus bien défini. À l’instar des papillons, elles traversent une métamorphose complète. D’un œuf éclot une larve, qui se transforme ensuite en chrysalide, avant de donner naissance à la fourmi adulte. Les mâles se développent à partir d’œufs non fécondés, tandis que les œufs fécondés donnent généralement naissance à des fourmis femelles. C’est l’alimentation avec une nourriture spéciale riche en protéines qui détermine si une larve femelle deviendra une reine ailée ou une simple ouvrière.
Les larves femelles nourries de façon spéciale, tout comme les larves mâles, se pupifient à la fin de leur stade larvaire. C’est durant cette phase de repos que leurs ailes se développent complètement. Au moment de l’éclosion finale, les jeunes reines et les mâles sont pleinement développés et possèdent déjà leurs ailes.
Comment se débarrasser des fourmis volantes ?
Le vol en essaim ne dure généralement que quelques heures voire quelques jours. Il est donc rarement nécessaire, dans un cadre privé, de les combattre. Les fourmis ailées isolées à l’intérieur peuvent être récupérées et relâchées dehors, ou aspirées à l’aide d’un aspirateur si nécessaire. Dans le jardin, les fourmis accomplissent même un travail extrêmement utile, notamment en nourrissant leurs larves avec d’autres insectes.
Quiconque souhaite tout de même intervenir devrait éviter les boîtes appâts. Les attractifs qu’elles contiennent ne font qu’attirer davantage d’individus en quête d’un partenaire. Il est plus judicieux d’utiliser des remèdes naturels.
Ce n’est que lorsqu’elles commencent à construire un nid à un endroit indésirable qu’elles deviennent un vrai problème. Une solution durable devrait alors être envisagée, ce qui nécessite l’expertise d’un professionnel.
Dans les secteurs sensibles comme la restauration ou la production alimentaire, il convient cependant d’agir immédiatement. Un vol en essaim soudain, ou même quelques individus isolés, perturbe le bon fonctionnement des activités.
Prévention et détection d’une infestation
Quelques fourmis ailées près d’une fenêtre ouverte ne constituent pas encore une infestation. Ces individus égarés se retrouvent généralement par hasard à l’intérieur depuis l’extérieur. La situation est tout autre lorsque des centaines de fourmis ailées volent dans une pièce préalablement fermée. Dans ce cas, il est très probable qu’un nid développé se cache dans la structure du bâtiment, et l’on parle alors d’une infestation. De petits tas de sable ou de fine poussière de bois le long des plinthes peuvent également en être un indice.
Les mesures préventives suivantes peuvent être prises :
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Éteindre la lumière lorsque les fenêtres sont ouvertes (les fourmis sont attirées par la lumière)
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Sécuriser fenêtres et portes avec des moustiquaires
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Remettre les individus égarés dehors (évite la construction d’un nid dans la maison)
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Supprimer les sources de nourriture et d’eau
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Conserver les aliments et provisions dans des contenants hermétiques
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Maintenir les espaces propres
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Ne pas stocker de tas de bois ou de feuilles directement contre la maison
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Colmater les fissures de la façade
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Protéger les ouvertures d’aération avec des grilles
Quelles espèces de fourmis effectuent un vol nuptial ?
La plupart des espèces locales effectuent un vol en essaim pour se reproduire. Cependant, toutes les espèces ne se reproduisent pas en vol. Certaines fourmis se reproduisent directement dans ou sur leur nid, ce qui est notamment le cas des espèces invasives. Un bref aperçu des espèces connues illustre ces différentes stratégies de reproduction :
Espèces locales avec vol nuptial :
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Fourmi noire des jardins (Lasius niger) : La fourmi la plus répandue en France (souvent sur les terrasses et les trottoirs). Son vol nuptial massif par les chaudes journées d’été est l’exemple le plus connu de fourmis volantes.
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Fourmi jaune des prés (Lasius flavus) : Construit souvent de petites buttes de terre dans les pelouses. Elle essaime également en nuages immenses à la fin de l’été.
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Fourmi charpentière (Camponotus ligniperda) : La plus grande fourmi indigène (souvent présente dans le bois des constructions). Son vol en essaim a lieu généralement au début de l’été (mai/juin).
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Fourmi rouge des jardins (Myrmica rubra) : La célèbre « fourmi rouge », qui peut aussi piquer. Elle essaime à la fin de l’été (août/septembre).
Espèces locales sans vol nuptial :
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Fourmi des bois (Formica polyctena) : Elle construit d’immenses fourmilières et a abandonné le vol nuptial. L’accouplement se déroule souvent en masse directement sur la fourmilière.
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Fourmi parasite (Anergates atratulus) : Une espèce indigène rare. Les mâles se développent sans ailes et s’accouplent avec les femelles ailées directement dans le nid obscur.
Espèces invasives :
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Fourmi pharaon (Monomorium pharaonis) : Un dangereux nuisible hygiénique (par exemple dans les hôpitaux). Elle produit bien des individus sexués ailés, mais ceux-ci ne volent pas. L’accouplement a lieu dans le nid.
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Grande fourmi à glandes (Tapinoma magnum) : Cette fourmi cause d’importants dommages aux infrastructures. Les mâles volent tout au plus sur de très courtes distances. Le vol nuptial proprement dit n’a pas lieu et l’accouplement se déroule au sein du réseau de nids.
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Fourmi d’Argentine (Linepithema humile) : En France, généralement limitée aux serres ou aux zones urbaines très chaudes. Les jeunes reines s’accouplent dans le nid et forment les plus grandes supercolonies connues au monde.
L’attente du moment parfait
Les fourmis ailées ne s’envolent pas immédiatement après leur éclosion. Elles restent souvent encore des semaines, voire des mois, dans la sécurité du nid. Ce n’est que dans des conditions idéales que toutes les fourmis ailées quittent simultanément leur habitat. Les facteurs météorologiques jouent ici un rôle décisif, car le bon « temps de vol » n’est réuni qu’avec les conditions suivantes :
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Chaleur : Les insectes ailés ont besoin de températures agréables pour leur envol, généralement au-dessus de 20 degrés.
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Humidité : Les fourmis aiment la chaleur humide. Le vol nuptial a souvent lieu juste avant un orage ou directement après une pluie d’été chaude.
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Absence de vent : Les fourmis n’étant pas de très bons voiliers, elles attendent des journées avec très peu de vent.
Quand les fourmis ailées disparaissent-elles ?
Le vol nuptial des fourmis en France se déroule entre mai et septembre. Le moment exact où une colonie démarre et se termine dépend fortement de l’espèce de fourmi et surtout de la météo. Le vol lui-même ne dure que quelques heures (1 à 4 heures).
La période
Chaque espèce a sa propre fenêtre temporelle durant laquelle les reines ailées et les mâles quittent le nid. Il est possible qu’une espèce termine tout juste son vol nuptial quand une autre commence à essaimer. Au sein d’une même espèce, les vols sont cependant généralement synchronisés et donc relativement simultanés.
La durée
Il faut distinguer la durée pour toute une région et la durée pour un seul nid :
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Par nid : Le départ d’un nid ne dure généralement que quelques heures (souvent l’après-midi).
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Par région : Comme tous les nids d’une même espèce dans une ville ne démarrent pas exactement à la même minute, le phénomène peut s’étendre sur 1 à 2 jours.
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Fréquence : Une colonie n’effectue ce vol nuptial qu’une seule fois par an.
Que se passe-t-il après l’accouplement en vol ?
Le vol est bref et intense. Les femelles s’accouplent en vol avec plusieurs mâles. La jeune reine conserve le sperme recueilli et l’utilise toute sa vie pour la production de nouvelles fourmis. Elles atterrissent sur le sol et cherchent un endroit adapté pour fonder une nouvelle colonie, ou rejoignent un nid existant. Sous terre, elles n’ont plus besoin de leurs ailes : les reines les arrachent activement ou les mordent simplement. Les mâles meurent peu après l’accouplement, généralement en quelques heures. On peut cependant en apercevoir isolément encore deux jours plus tard, mais plus en essaim.
Les fourmis ailées sont-elles nuisibles ?
Les fourmis volantes indigènes ne présentent pas de danger direct pour la santé. Elles ne piquent pas et ne transmettent pas de maladies. Cependant, pour des secteurs sensibles comme l’hôtellerie ou la production alimentaire, la masse d’insectes représente un problème hygiénique majeur. Un vol en essaim à l’intérieur d’un bâtiment indique également la présence d’un très grand nid directement dans ou sous l’édifice, ce qui peut entraîner à long terme des dommages à la structure du bâtiment.